Bonjour Adinda, quels ont été les sujets brûlants en matière de réglementation au sein du secteur au cours de l’année écoulée ?
Le législateur modifie en permanence la classification et les restrictions relatives aux matières premières. Cela a un impact (financier) considérable sur les départements R&D de nos entreprises. À cela s’ajoute la révision du CLP, qui a une influence majeure sur l’étiquetage de nos produits. Les paquets législatifs et le retard pris par la révision de REACH ajoutent à cela des incertitudes supplémentaires quant aux défis à venir en 2026. Ces changements constants, combinés aux nombreuses autres législations auxquelles nous devons nous conformer en tant que secteur des peintures, rendent la tâche plus difficile pour les petites entreprises, qui disposent de moins de moyens financiers, pour rester dans la course.
Nous comprenons bien sûr que la durabilité est une priorité. C'est le cas dans pratiquement tous les secteurs. Mais le cadre écologique dans lequel le secteur des revêtements doit évoluer entraîne une fois de plus une charge de travail et une pression supplémentaires. Pouvez-vous illustrer cela à l'aide de dossiers d'actualité ?
Le reporting en matière de durabilité sous la forme de la CSRD exige des entreprises un effort considérable pour collecter les données nécessaires et les communiquer dans le format approprié. Heureusement, les PME et autres entreprises de taille moyenne (moins de 1 000 employés ou 450 millions d’euros de chiffre d’affaires) ne sont pas (encore) tenues de s’y conformer.
La nouvelle réglementation PPWR (relative aux emballages et aux déchets d'emballages, ndlr), qui entrera en vigueur en août 2026, impose d'utiliser un minimum de matières recyclées dans les seaux en plastique. Heureusement, avec Valipac et Fost Plus en Belgique, nous disposons déjà de très bons partenaires pour le recyclage. Mais cette législation comporte encore de nombreuses incertitudes.
De plus, lorsque l’on souhaite travailler avec des matières premières recyclées ou biologiques, la reformulation de ces produits demande énormément de temps (et donc d’argent). Et si l’on souhaite communiquer à ce sujet, il faut ensuite leur attribuer une EPD (Environmental Product Declaration, la déclaration environnementale de produit européenne pour les matériaux de construction, ndlr). Cela aussi est difficile pour les petites entreprises.
C'est notamment pour ces questions qu'IVP Coatings monte au créneau : nous avons de fréquentes consultations avec les responsables politiques afin de tenter de trouver un équilibre entre « ce qui doit être fait » et « ce qui est possible ».
Outre son rôle d’information et de représentation – traduire la législation pour les entreprises membres –, IVP Coatings réfléchit également à des campagnes à l’échelle du secteur. Pouvez-vous nous expliquer quels sont les sujets d’actualité dans ce domaine ?
Il est en effet également de notre devoir d’informer les consommateurs et les peintres des conséquences de certaines législations. En raison du durcissement de la réglementation sur les biocides, la conservation des revêtements représente un défi plus important qu’auparavant. C’est pourquoi nous avons conçu un outil à l’intention des peintres, contenant des conseils pour conserver la peinture dans les meilleures conditions possibles.
Nous allons également lancer une campagne cette année concernant la législation relative aux microplastiques. Celle-ci vise à faire comprendre aux consommateurs qu’il est important de ne pas jeter de peinture dans l’évier. Même lors du lavage des pinceaux ou des rouleaux. Nous donnerons aux professionnels comme aux particuliers des conseils et des directives sur la meilleure façon de procéder.
Bon, ça fait donc beaucoup de travail en perspective. On ne va pas te retenir plus longtemps ! Merci pour ton temps et tes précisions.